Adieu M. Alain Bashung

Publié le par trebiar

Alain Bashung est mort samedi après-midi entouré de ses proches. Agé de 61 ans, l'interprète de "Gaby oh Gaby", "Osez Joséphine" et plus récemment "Résidents de la République" avait triomphé aux dernières Victoires de la musique. L'artiste avait accédé en trente ans au sommet du rock français, par une démarche singulière et ambitieuse, et quelques "tubes" plébiscités par le grand public. Alain Bashung restera comme un rocker populaire.

Alain Bashung avait triomphé aux dernières Victoires de la musique en remportant trois trophées, dont celui de l'interprète masculin de l'année. Cette triple consécration avait fait de lui l'artiste le plus primé de l'histoire de la cérémonie avec un total de onze récompenses. "Vous m'avez envoyé tellement d'amour!", avait déclaré le chanteur lors de cette soirée qui fût celle de sa dernière apparition publique. Chacun de ces trophées avait été salué par une ovation debout, hommages émouvants de la part du public et d'autres chanteurs. "Ils m'ont tous fait passer une soirée magnifique, je ne pourrai jamais oublier cette soirée", avait-il déclaré en recevant son dernier prix.



Né le 1er décembre 1947 d'un père inconnu et d'une mère ouvrière, Alain Bashung avait été envoyé à l'âge d'un an vivre chez sa grand-mère, à Wingersheim, en Alsace. En 1962, il avait monté son premier groupe, The Dunces (les cancres), avant d'enregistrer ses premiers 45 tours en ôtant le "c" de son véritable nom, Baschung. Son premier album "Roman Photos" (1977) est un échec commercial mais il marque le début d'une longue et fructrueuse collaboration avec le parolier Boris Bergman. Alain Bashung accède à la notoriété au début des années 1980 avec le tube "Gaby oh ! Gaby" puis l'album "Pizza" et le titre "Vertige de l'amour". Mais il prend très vite le contre-pied, avec "Play Blessures" (1982), un disque moins facile d'accès, réalisé avec Serge Gainsbourg. En 1989, il cherche encore et toujours à se renouveler, et commence à travailler avec un autre parolier, Jean Fauque. Pendant dix ans, il enchaînera de nouveaux tubes comme "Osez Joséphine" (1991) ou "Ma petite entreprise" (1994). En 2008, "Fantaisie militaire" et le titre "La nuit je mens" lui valent un nouveau grand succès populaire et une Victoire de la musique du meilleur album des 20 dernières années.


En 2002, Alain Bashung avait accouché lui-même de l'audacieux "L'Imprudence". Cet onzième album, peu facile d'accès, est considéré comme l'un de ses plus réussis. Il était sorti en même temps que "Le Cantique des cantiques", enregistré avec Chloé Mons, artiste âgée de 28 ans à l'époque, qu'il avait épousée le 30 juin 2001. Il a eu avec elle une fille, après un fils né d'une précédente union. Son dernier album, "Bleu pétrole", était sorti en 2008 avec pour titre phare "Résidents de la République" et "Je t'ai manqué".

L'un des talents d'Alain Bashung était de savoir s'entourer : Rodolphe Burger, Gérard Manset, les guitaristes Marc Ribot ou Arto Lindsay. Et ceux de la jeune génération : les chanteurs Miossec, Armand Mélies, Joseph d'Anvers, Gaëtan Roussel. Alain Bashung avait une deuxième grande passion : le cinéma. Il avait joué pour les réalisateurs Fernando Arrabal, Patrice Leconte, ou plus récemment Samuel Benchetrit.

Qualifié en 2008 de "dernier des géants" par l'hebdomadaire Les Inrockuptibles, Alain Bashung avait fini par occuper une place de premier plan sur l'échiquier de la chanson française, celle d'un artiste à l'aura importante, capable de séduire le grand public comme les amateurs éclairés. Perfecto, jean moulant et bottes de cow-boy à l'époque de "Gaby, oh ! Gaby", Alain Bashung restera comme un enfant du rock. Il avait grandi en écoutant Gene Vincent et son "Be bop A Lula", et la musique country américaine. Mais son style à lui était aussi imprégné de l'héritage de la chanson française. Noir Désir, la chanteuse Brigitte Fontaine, et même Serge Gainsbourg : tous le désignaient comme l'un des piliers de la musique française.




"Un jour je parlerai moins, jusqu'au jour où je ne parlerai plus", chantait Alain Bashung dans "Résidents de la République". Le chanteur est mort samedi après-midi entouré des siens à l'hôpital Saint-Joseph à Paris des suites de sa maladie. Depuis l'automne 2007, il était atteint d'un cancer du poumon et suivait une chimiothérapie. En raison de sa maladie, le chanteur avait dû annuler ses concerts du mars de mars. Samedi, il aurait dû être sur scène à Longjumeau dans l'Essonne. Son ultime concert a eu lieu le 14 décembre dans la salle parisienne de l'Elysée Montmartre dans le cadre d'une série de spectacles dominicaux, "Les dimanches à l'Elysée".
 

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Publié dans Musique

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